
L’une des erreurs les plus fréquentes chez les nouveaux auteurs, c’est de croire que le premier jet doit être parfait. Résultat : on réécrit chaque phrase dix fois, on bloque au premier chapitre, et le manuscrit n’avance pas. L’écriture devient une épreuve, alors qu’elle devrait être un processus.
Le premier jet n’est pas un texte final. C’est une matière brute. Il sert à poser l’histoire, les idées, les scènes, la structure. La qualité viendra plus tard, au moment de la révision. Les meilleurs auteurs ne “sortent pas du génie” à chaque ligne : ils sculptent.
Comment éviter cette erreur ?
Adopte une règle simple : “le premier jet doit exister, pas briller.” Fixe-toi un objectif de progression : nombre de mots, nombre de scènes, nombre de pages. Interdis-toi de corriger avant d’avoir terminé une section complète.
Ce qui compte au départ, ce n’est pas d’écrire parfaitement : c’est d’écrire jusqu’au bout. Terminer un manuscrit, même imparfait, te met déjà au-dessus de 90% des gens.
Beaucoup de nouveaux auteurs démarrent un roman avec une excellente idée et une énergie énorme… puis se retrouvent bloqués à mi-parcours. Pourquoi ? Parce qu’ils avancent “à l’instinct”, sans cap. Les personnages tournent en rond, l’intrigue s’étire, et le récit perd sa direction.
Écrire sans plan n’est pas interdit. Mais sans minimum de structure, l’histoire peut se diluer. Et plus elle se dilue, plus le doute s’installe : “Mon livre n’a pas de sens.”
Comment éviter cette erreur ?
Avant d’écrire, pose au moins 3 éléments :
le point de départ (ce qui déclenche l’histoire)
le point de bascule (le conflit central)
le point d’arrivée (la transformation finale)
Ensuite, écris un plan simple en 10 scènes, même approximatif. Tu peux improviser à l’intérieur, mais tu as une route.
Un roman, ce n’est pas une promenade au hasard : c’est une traversée. Un minimum de plan, c’est ta boussole.
Les nouveaux auteurs veulent souvent “bien faire” : expliquer le contexte, les intentions, les émotions, les détails. Résultat : le texte raconte trop, au lieu de montrer. Le lecteur se sent tenu par la main… et décroche.
L’un des principes les plus puissants en écriture est simple : montrer plutôt que dire. Au lieu d’écrire “il était triste”, on décrit un geste, une réaction, une attitude, une phrase brève. Le lecteur comprend tout seul, et il se sent intelligent.
Comment éviter cette erreur ?
Reprends ton texte et traque les phrases explicatives :
“Il était…”
“Elle ressentait…”
“Il comprit que…”
“C’était parce que…”
Ensuite, transforme-les en scène :
action + dialogue + détails concrets
Un bon exercice : prends un passage explicatif et réécris-le en 5 lignes maximum, en n’utilisant que des faits observables.
Plus tu fais confiance au lecteur, plus ton style devient fort. L’émotion naît rarement d’une explication : elle naît d’une situation vécue.
C’est une erreur classique : croire que l’écriture dépend de l’inspiration. On écrit quand on se sent inspiré, motivé, disponible… ce qui revient souvent à écrire rarement. Et comme on écrit rarement, on progresse peu. Puis on se décourage.
Les auteurs qui finissent des livres ne sont pas ceux qui ont le plus d’inspiration. Ce sont ceux qui ont le plus de régularité.
Comment éviter cette erreur ?
Installe une routine minimaliste :
20 minutes par jour
ou 300 mots
ou 3 scènes par semaine
Peu importe le format. Ce qui compte, c’est de rendre l’écriture automatique, comme une hygiène. Même un mauvais jour, tu écris. Même sans idée, tu avances. L’inspiration vient souvent après avoir commencé.
L’autre clé : réduire la friction. Prépare ton environnement : document ouvert, plan prêt, notes accessibles.
Un roman ne se termine pas avec de grandes poussées d’énergie. Il se termine avec des petites avancées répétées. La discipline bat l’inspiration.
Au début, beaucoup d’auteurs écrivent en se demandant : “Est-ce que ça va plaire ? Est-ce que c’est assez grand public ? Est-ce que ce n’est pas trop…” Et à force de se censurer, on obtient un texte neutre, sans angle, sans voix.
Un bon livre n’essaie pas de plaire à tout le monde. Il assume un univers, un ton, un rythme. Et c’est précisément ça qui attire les bons lecteurs.
Comment éviter cette erreur ?
Choisis un lecteur cible. Pas un public vague. Un lecteur réel :
quel âge ?
quel style aime-t-il ?
qu’est-ce qu’il cherche dans un roman ?
Ensuite écris pour lui. Mieux vaut un livre adoré par 1 000 lecteurs que toléré par 10 000.
Autre astuce : assume tes obsessions. Les thèmes qui te reviennent sans cesse sont souvent ceux qui donnent de la force à ton écriture.
L’identité d’un auteur naît d’un choix : écrire quelque chose de vrai, même si ce n’est pas pour tout le monde.
Beaucoup de nouveaux auteurs créent des personnages qui servent l’histoire… mais qui ne vivent pas vraiment. Ils sont là pour faire avancer l’intrigue, pas pour exister. Résultat : le lecteur ne s’attache pas. Tout paraît mécanique.
Un personnage vivant a une chose que les personnages “fonctionnels” n’ont pas : une contradiction. Il veut quelque chose, mais il a peur. Il rêve, mais il se sabote. Il aime, mais il détruit.
Comment éviter cette erreur ?
Avant d’écrire, réponds à 3 questions pour chaque personnage important :
Que veut-il vraiment ?
Qu’est-ce qu’il cache ?
Quelle blessure le dirige ?
Ensuite, donne-lui un détail unique : une manie, une phrase, un geste, une manière de voir le monde.
Enfin, écris une scène où il est seul : pas pour l’intrigue, juste pour le révéler. Tu verras immédiatement s’il “respire”.
Les intrigues s’oublient. Les personnages restent. Si ton lecteur pense à tes personnages après avoir fermé le livre, tu as gagné.
Le début d’un roman est un piège. Les nouveaux auteurs veulent souvent poser le décor, expliquer le monde, présenter tout le monde… et le récit démarre lentement. Le lecteur n’a aucune raison d’avancer. Il manque une tension.
Un bon début ne doit pas tout expliquer. Il doit créer une question : “Qu’est-ce qui va se passer ?” Il doit ouvrir une promesse.
Comment éviter cette erreur ?
Dès les premières pages, place :
un micro-conflit
un problème
une tension
une anomalie
Pas besoin d’une explosion. Mais il faut quelque chose qui dérange. Le lecteur doit sentir que l’histoire est déjà en mouvement.
Un exercice efficace : écris le premier chapitre et demande-toi : si je lisais ça en librairie, est-ce que je tourne la page ?
Si la réponse est “bof”, tu coupes, tu resserres, tu ajoutes un enjeu.
Le début n’est pas une présentation. C’est une accroche narrative.
Les dialogues sont souvent difficiles au début. Beaucoup d’auteurs écrivent des dialogues “proprets”, trop complets, ou qui servent uniquement à transmettre des infos au lecteur. Résultat : personne ne parle comme ça. Ça sonne faux.
Dans la vraie vie, on coupe, on sous-entend, on évite, on ment. Les dialogues sont souvent un combat masqué, pas une conférence.
Comment éviter cette erreur ?
Fais simple :
phrases courtes
sous-texte
tension
Pose une règle : dans un dialogue, chaque personnage veut quelque chose. Il ne parle pas juste pour parler. Il influence, il protège, il attaque, il évite.
Autre astuce : lis ton dialogue à voix haute. Si tu as honte de le dire, le lecteur aura honte de le lire.
Enfin, évite les prénoms répétés (peu naturel) et les phrases trop informatives.
Un bon dialogue, ce n’est pas de l’information. C’est de la relation. C’est là que les personnages se révèlent.
Certains nouveaux auteurs ne révisent pas. D’autres révisent sans fin. Les deux sont des erreurs. Sans révision, le texte reste brut. Sans fin, le livre ne sort jamais.
Réviser, c’est un processus structuré. Et surtout, c’est un ordre : on ne corrige pas les virgules avant d’avoir validé l’histoire.
Comment éviter cette erreur ?
Révise en 3 passes :
structure : intrigue, rythme, cohérence
scènes : tension, dialogues, émotions
style : phrases, répétitions, fluidité
Fixe-toi une deadline. Exemple :
2 semaines pour la structure
2 semaines pour les scènes
1 semaine pour le style
Et stop.
Pour être efficace, utilise une check-list :
objectifs de chaque chapitre
progression du personnage
cohérence du temps
niveau de tension
Un roman fini imparfait vaut mieux qu’un roman parfait qui n’existe pas. L’excellence vient avec les livres suivants.
La comparaison est l’ennemi invisible des nouveaux auteurs. On lit un auteur génial, on regarde des écrivains publiés, et on se dit : “Je suis nul. Je n’y arriverai jamais.” Résultat : tu écris en te jugeant, tu te bloques.
Mais tu compares ton premier essai avec le dixième livre de quelqu’un. Ce n’est pas juste.
Comment éviter cette erreur ?
Remplace la comparaison par la progression. Ton seul adversaire, c’est ton niveau d’hier.
Une méthode simple :
garde un extrait de ton texte d’il y a 3 mois
compare avec aujourd’hui
Tu verras ta progression.
Ensuite, accepte un principe : ton style naît de tes imperfections. Ce qui te rend unique, ce ne sont pas tes phrases parfaites : c’est ton regard, ta manière de voir le monde, ta sensibilité.
Le but n’est pas d’écrire comme les autres. Le but est de devenir un auteur qu’on reconnaît. Et ça, ça ne se compare pas : ça se construit.
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Dernière mise à jour :19 janvier 2026
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